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Maurice JOURNEAU

Maurice JOURNEAU

 

De par sa très longue vie (1898-1999), Maurice Journeau est un compositeur français relevant musicalement à la fois de la période moderne et de la période contemporaine.

Ses trois lieux d'écriture furent sa ville natale de Biarritz au Pays basque, puis Nice sur la Côte d'Azur, enfin Paris avant de décéder à Versailles.

 

Ses œuvres sont régulièrement publiées depuis 1993 et mises ainsi de plus en plus à la disposition des musiciens. Les éditions Armiane (originellement à Versailles), devenues Fortin- Armiane ensuite (Paris 18e), rejoignirent ses précédents éditeurs en 2004 et détiennent donc des œuvres intéressantes pour des instruments variés : piano, clavecin, orgue, violoncelle et piano, guitare, instruments à vent (basson, clarinette, flûte).

 

 

MAURICE JOURNEAU

 

I  Oeuvres pour piano / pour clavecin ou piano

 

On trouve bien évidemment des œuvres pour piano, car c'était l'instrument personnel du compositeur.

 

S'il est amusant pour des jeunes de découvrir et jouer le petit «Air breton» (Ss n° d'op.) composé par Maurice Journeau enfant, on trouvera bien évidemment pour piano des œuvres importantes de concert. Certaines ont été aussi enregistrées en disques ou diffusées à la radio.

 

Le «Menuet» op. 1 de 1921 dédié à son professeur de piano à Biarritz, l'organiste bien connue de l'église Sainte-Eugénie, est sa première œuvre officielle. Elle manifeste un intérêt pour la danse qui se retrouvera dans des œuvres ultérieures.

 

La «Fugue» (Ss n° d'op.) de 1924 était estimée intéressante par le compositeur. Elle se situe dans une période de redécouverte de Jean-Sébastien Bach par les musiciens. Et aussi celle des cours très prisés de son professeur Nadia Boulanger, très axés par elle sur les grands Maîtres du passé et sur les formes obligées d'apprentissage de la composition par ses étudiants.

 

Les «Pièces enfantines» op. 14 de 1929 sont composées de trois courts morceaux écrits à Nice et faciles pour les enfants : «Badinage», «Méditation» et «Les deux papillons» ayant en commun une poésie un peu rêveuse.

 

«Sur l'Etang» op. 18/1 de 1929 est une barcarolle romantique. Elle fut inspirée par l'étang de la Folie et composée en un après-midi d'été à Trélon (Nord) dans le Sud-Avesnois, région d'origine de l'épouse du compositeur. Le mouvement lent de l'oeuvre est en accord avec l'avancée paisible de la barque sur l'eau calme environnée de bois.

 

«Humoresque» op. 28 de 1946 est une œuvre pour piano au tempo vif et donnant lieu à une interprétation allègre pleine d'humour et de fantaisie.

 

Les «Trois petits divertissements» op. 29 de 1947 sont trois courtes pièces pour piano amusantes et très enjouées.

 

L'écriture des «Quatre pièces en suite pour clavecin» (ou piano) op. 30 en 1947 était alors une tentative audacieuse à une époque où cet instrument restait totalement négligé. C'était donc participer à sa résurrection comme le souhaitait fortement la claveciniste bien connue Marcelle de


Lacour. Celle-ci donna en première audition ces pièces à la radio en février 1952, suivie par la claveciniste Denyse Gouarne en août 1957 en seconde audition également à la radio.

Toutefois, comme chez les quelques autres compositeurs de cette époque musicale, l'alternance pour le piano fut prévue par Maurice Journeau et l'on peut se féliciter de cette alternative brillante.

 

Les «Impressions très fugitives» op. 64 de 1977 étaient une oeuvre plutôt moderne pour cette époque et constituent un recueil de six miniatures musicales très vivantes.

 

Les «Nouvelles Impressions Fugitives» op. 68 de 1983 nous rappellent par leur titre même les

«Impressions très fugitives» op. 64 de l'année 1977. Mais, contrairement à l'oeuvre pour piano précédente, leur recueil également en six parties est considéré par le compositeur comme devant avoir une exécution continue, tous les six mouvements s'enchaînant avec un son limpide et cristallin.

 

La «Première Ballade» pour piano op. 70 de 1984 relève de la fin de la période d'écriture de Maurice Journeau. D'un halo d'accords surgit le murmure paisible et régulier d'un chant poétique.

 

La «Deuxième Ballade» pour piano op. 71 de 1984 également, bien qu'elle procède d'une inspiration proche de la première ballade, est construite autour d'un thème mélancolique au chromatisme très développé.

 

 

II  Oeuvres pour orgue

 

Le «Fond sonore pour une messe basse» pour orgue op. 44 de 1957 peut selon le compositeur être également joué sur harmonium, piano ou clavecin, ou tout instrument à clavier du moment qu'il convienne à un climat spirituel.

Il s'agit d'une œuvre constituée par six courtes pièces liturgiques. L'expression «messe basse» a disparu du vocabulaire liturgique actuel. Mais celle de «fond sonore» correspond toujours à un climat de recueillement quel que soit le clavier utilisé. L'harmonium un temps méprisé et détruit revient à la mode. L'alternance de l'orgue et du clavecin peut sembler curieuse mais elle s'explique par le fait que du temps de Bach, auteur éternel, on jouait indifféremment de l'un ou de l'autre. Enfin, Maurice Journeau gardait un esprit ouvert à de nouveaux instruments futurs.

 

 

III  Oeuvres pour violoncelle et piano / violon et piano

 

La «Sonate pour violoncelle et piano» op. 16 de 1930 est une œuvre classique composée à Nice et comportant trois parties : «Modéré», «Lent», «Vif». Saluée en son temps par la critique pour la poésie de son deuxième mouvement, ses recherches harmoniques, un final vivant.

 

«Marine» op. 23 de 1936 est une œuvre pour violoncelle inspirée par la mer. Le piano évoque les vagues, tandis que le chant du violoncelle s'élève, parfois nostalgique.

Une transcription pour violon également harmonieuse en a été faite par le compositeur lui- même. On la trouve incluse à l'intérieur de la partition, donnant ainsi au pianiste le choix de deux interprètes différents possibles à accompagner.

 

«Allegretto» op. 31 de 1947 est une œuvre musicale assez brillante dont l'écriture est intéressante.


IV- Oeuvre pour guitare

 

«Promenade» (- «Impromptu pour guitare»-) Ss n° d'op. a été composée vers 1984. C'est une pièce mélodique courte et pas trop difficile techniquement. Cette petite oeuvre tardive relève de l'écriture libre et fluide aimée du compositeur, la forme musicale «impromptu» étant déjà employée par lui en piano et pour la flûte traversière avec succès.

 

V- Œuvres pour instruments à vent

 

-           Basson -

 

Le «Caprice pour basson et piano» op. 38 de 1955 voit même son titre précisé dans l'un de ses manuscrits comme suit : Caprice pour basson et piano en deux parties enchaînées. Comme souvent chez Maurice Journeau, il s'agit d'une forme relativement libre où il a sa seule inspiration pour guide tout en mettant en valeur la virtuosité du bassoniste accompagné au piano.

 

Les «Dialogues pour flûte et basson» op. 40 de 1955 comportent des alternances possibles qu'on trouve dans certains manuscrits : «Dialogues pour flûte et basson ou clarinette et basson ou tous claviers». Et dans son petit répertoire d'oeuvres personnel on trouve même de la main du compositeur une autre indication : «Se joue très bien au piano», ce qui est effectivement le cas pour cette œuvre amusante. Les trois sous-titres «Bavardage», «Aimables propos» et «Discussion animée» sont typiques de son œuvre gaie et humoristique.

 

 

-           Clarinette -

 

Les «Trois Pièces brèves pour clarinette en Si  (et piano) op. 69 de 1984 sont de la dernière écriture, presque proche  du jazz, au son prenant, jeune, presqu'envoûtant. Le compositeur a choisi délibérément la clarinette en Si b pour cette dernière œuvre, celle en La ayant été prise par lui en général auparavant.

 

Voir aussi : Basson / Dialogues op. 40 pour clarinette et basson (alternance prévue par le compositeur).

 

-                Flûte -

 

Les «Quatre Impromptus pour flûte» (et piano) op. 35 de 1951 sont une œuvre mélodique qui met très en valeur la flûte, accompagnée au piano. Il faut se rappeler que la forme musicale

«impromptu» a toujours plu à Maurice Journeau en tant que forme libre comme celle du caprice ou de la fantaisie. Une forme très agréable de surcroît.

 

Voir aussi :  Basson / «Dialogues pour flûte et basson» op. 40

 

 

(Chantal Virlet-Journeau, Août 2022)

 

Pour plus d'informations sur le compositeur, voir son site internet:  www.journeau.com